Dans une initiative saluée par les défenseurs des droits des femmes, le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Saade, a émis aujourd’hui la circulaire n° 979, demandant à toutes les banques libanaises d’appliquer une règle longtemps restée lettre morte, accordant aux mères le droit indépendant d’ouvrir et de gérer des comptes bancaires pour leurs enfants mineurs.

La circulaire, datée du 22 mai 2026, enjoint les banques à se conformer à une circulaire de l’Association des banques du Liban datant de 2009, largement ignorée en pratique. Elle permet à une mère d’ouvrir un compte fiduciaire pour son enfant, de le gérer seule et d’en conserver le contrôle exclusif jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 18 ans. Jusqu’à présent, cette prérogative était principalement réservée aux pères, les mères étant souvent exclues dans les faits. Plus important encore, si la mère décède ou perd sa capacité juridique, le père ne peut intervenir sur le compte sans décision de justice.
La Commission nationale pour les femmes libanaises a rapidement salué cette initiative, confirmant qu’elle faisait suite à ses efforts de plaidoyer auprès de la BDL. « Cette circulaire constitue une avancée positive vers le renforcement des droits des femmes et des mères, et vers l’égalité des sexes », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
La Commission a également souligné que cette mesure reste temporaire, dans l’attente de l’adoption d’une loi plus large, déjà approuvée en 2020 par la Commission parlementaire des femmes et des enfants, mais toujours en attente de promulgation. Cette loi consacrerait officiellement le droit des mères d’ouvrir et de gérer des comptes pour leurs enfants mineurs.
Pour l’heure, le message adressé aux banques est clair : appliquer la règle, sans plus d’excuses.